A la recherche de "l'étincelle" !
Par Mister L, mercredi 14 février 2007 à 22:08 :: Amour :: #2 :: rss
Je constate autour de moi de plus en plus de femmes autour de la trentaine ou un peu plus qui n’arrivent plus à être amoureuse ou qui ne l’ont pas été depuis longtemps, ce qui revient à peu près au même.
Quand je leur demande : “mais ces dernières années tu n’as rencontré aucun homme qui te plaisait, que tu as trouvé attirant, sympa, drôle, gentil ou/et attentionné ?” la réponse qui arrive presque systématiquement c’est : “Si j’en ai rencontré, on s’est vu 2 ou trois fois, on est sorti ensemble, mais il n’y avait pas l’étincelle, donc ça servait à rien de continuer”. Puis elles s’expliquent cela en le mettant sur le dos de “leur exigence plus grande qu’avant” ou “de la faute à pas d’chance”. Bien évidemment le problème n’est pas là.
Préambule : bien évidemment je songe avant même de vous glisser mes pensées ici, à tous ceux qui vont soutenir le contraire de ce que je vais écrire, toutes ces exceptions qui ne feront que confirmer ce que je pense être une règle. Je ne base mon analyse que sur mon expérience, et bien sûr, celle-ci se cantonne à ma vie et à l’observation de celle des gens que je croise ou qui m’entourent. Donc avant même d’entendre les contradicteurs je dis : Oui il y a des exceptions mais ayons l’humilité d’accepter ou de reconnaître que nous n’en sommes pas forcement ou ne vivons pas forcement dans l’exception. J'ajouterai que je ne parle ici que des femmes mais j'imagine que les hommes ne sont pas forcément différents sauf que je n'en fréquente pas.
A quoi se réfèrent les femmes lorsqu’elles parlent de cette fameuse "étincelle" qui va les pousser ou pas à démarrer une relation, à la creuser ou à l’avorter. Je dis "avorter" car après un ou deux RV, on ne peut pas dire qu’on connaît quelqu’un. Dès lors, le choix que l’on fait n’est basé que sur une perception intérieure et non sur la connaissance de l’autre.
En fait, sans le savoir, elles se réfèrent à quelque chose qu’elles ont connu plus jeune. Une flamme qui existait dès les premiers instants d’une rencontre.
Elle avait 20 ans, le trouvait marrant, mignon, craquait sur son sourire et le coeur se mettait à battre au bout de peu de temps. A peine l’avait-elle quitté que déjà elle pensait à lui et avait hâte de le revoir. Sans même parler de coup de foudre, bien que cela semble s’en rapprocher, il s’agissait d’une sensation assez forte, vite perceptible, une sensation qui la poussait vers l’avant et vers l’avenir.
Par la suite, parce que toutes les femmes ont connu, étant jeunes, des histoires qui ont commencées par cette étincelle, elles ont tendances, à faire inconsciemment l’équation suivante pendant une bonne partie du reste de leur vie :
Homme qui vous plaît + étincelle = possible histoire d’amour (ce qui n’est pas faux)
mais d’en tirer aussi une autre équation qui semble logique mais qui est complètement fausse celle-là:
Homme qui vous plaît + pas d’étincelle = histoire d’amour impossible à terme
Et cette seconde équation va de soi pour les femmes parce qu’elles partent du postulat implicite suivant :
"C’est grâce à l'homme et l’interaction qui se créé (ou pas) avec la femme qu’il a devant lui, que naît une étincelle chez elle (ou pas)."
Et c’est vrai que dans ces conditions, la seconde équation serait valable. Le problème c’est que ce postulat est complément faux. Et je m’en expliquerai dans un paragraphe plus bas.
Partant de là, certaines que "l’étincelle" est là clé pour ne pas se tromper, les femmes vont totalement et aveuglement s’en remettre à elle pour persévérer ou laisser tomber.
Cela amène la plupart des femmes à ne plus se lancer dans une relation même si elles rencontrent quelqu’un qui a objectivement tout pour leur plaire au départ, quelqu’un qui d’ailleurs, rencontré quelques années plus tôt les aurait probablement fait "craquer".
Cela aboutit à une existence jalonnée de rencontres sans suite ou d’aventures plus ou moins brèves, et une raréfaction des histoires d’amour, voire leur absence totale puisque pour qu’il y ai histoire encore faut-ilqu’il y ai relation dans la durée et qu’elles ne laissent dés lors pratiquement plus de temps à aucune relation de s’installer, n’y croyant pas, dés le départ (par manque de "feeling", ce fameux et souvent pathétique "feeling", je deteste ce mot franglais).
Elles ont tellement été habituées à associer "étincelle" à "perspective amoureuse" que si "l’étincelle" n’est pas là, elles perdent toute envie, toute motivation d’aller plus loin, persuadées que même si elles se lançaient, ça n’aboutirait à rien (donc autant zapper et chercher ailleurs).
Mais le hic, c’est que le postulat implicite de départ est faux (je vais le répéter pour être limpide) :
"C’est grâce à l’homme et l’interaction qui se crée (ou pas) avec la femme qu’il a devant lui, que naît une étincelle chez elle (ou pas)."
Donc tout ce qui en découle, est une purement et simplement une aberration . Et c’est sur cette aberration que les femmes vont orienter leur choix.
Alors en quoi, croire que "l’étincelle" est un indicateur fiable, est une grossière erreur ?
Tout bonnement parce que ça n’est pas l’homme qui est responsable de cette étincelle mais l’état psychique de la femme à ce moment là, indépendamment de la personne qu’elle a en face d’elle.
Je m’explique.
Lorsqu’on est jeune, que notre personnalité se construit ou s’affirme, on est par nature très entier, idéaliste, excessif, optimiste, rêveur. Bref, on a une tendance naturelle à s’emballer pour tout ce qui est nouveau et agréable (une personne, une activité, un projet). On ne décide pas de s’emballer, c’est juste comme ça que l’on réagit à cet âge là. Quelques années plus tard, devant une même situation qui plus tôt vous aurait fait tourner la tête, on réagit de façon plus sereine, moins passionnée.
On a beau ne pas avoir la sensation de changer, le temps et les événementss’en chargent. On ne réagit plus pareil qu’avant. Ça n’est pas ce qui est autour de nous qui change mais simplement notre perception des choses. Un peu comme lorsqu’on revient dans la cour de notre école maternelle et que l’on a l’impression que tout est devenu plus petit. On avait gardé le souvenir de ce lieu vu par nos yeux d’enfants et on est est un peu décu de se rendre compte que l’arbre géant de notre souvenir, cet arbre qui trônait majestueux au milieu d’une immense cour de recréation n’est en fait qu’un arbre bien banal planté au milieu d'un patio etroit.
Mais on sait bien que l’arbre n’a pas rapetissé entre le temps où nous étions enfant et aujourd’hui. C’est donc bien notre perception qui a changé et finalement, cette cour immense avec son bel arbre perd soudainement sa magie. Passé par le prisme de nos yeux d’adulte ça n’est une petite cour avec un arbre normal.
En ce qui concerne les choses ou les lieux, il est aisé de se faire une raison et d’admettre que c’est notre perception qui est en cause et non les éléments extérieurs. Malheureusement il semble en être tout autrement en ce qui concerne les sensations.
Difficile d’admettre que ce qui vous a fait chavirer pour quelqu’un ça n’était pas la personne mais la perception que vous aviez d’elle avec votre coeur d’ado ou de jeune adulte.
Mais comme l’arbre de la cour d’école, le même homme avec le même sourire et les mêmes qualités vus par le coeur d’ado ne provoque pas dutout la même réaction que vu par le coeur d’adulte. Pourtant objectivement c’est bien la même personne.
Et si on n’arrive pas à admettre que les sensations qui nous ont tant plues appartiennent à une période passée où nous étions psychologiquement aptes à les vivre et absolument pas à la personne qu’on avait en face de soi à ce moment là alors on est voué à rechercher indéfiniment l’impossible. Aucun homme ne pourra provoquer une sensation qui n’existait que parce qu’on était soi-même différent. Aucun homme nous vous permettra de faire reculer le temps.
Si on comprends cela, se référer à ce fameux "feeling" alors qu’une femme n’est plus adolescente ou très jeune, pour se projeter dans une possible relation avec un homme est bien une aberration. Il est probable qu’elle ne ressente plus jamais ce "petit truc" ou en tous cas extrêmement rarement car sa propre configuration a changé. Le problème alors n’est pas l’homme qu’elle a en face d’elle mais juste un manque de discernement.
J’irai même encore plus loin dans mon raisonnement.
Se remettre à ressentir adulte des sensations qui appartiennent à l’adolescence est plutôt un signe d’immaturité et de déséquilibre, et fonder une possible relation la dessus est périlleux.
Aznavour a écrit : "il est doux de revenir aux sources du passé, on a souvent besoin d’un bain d’adolescence" et je suis d’accord, mais ne se fier qu’à ce moment pour prendre des décisions essentielles comme de juger la viabilité potentielle d’une relation à venir est complètement irrationnel.
Cela ne peut mener qu’à une seule chose, passer à coté de personnes qui ont tous les atouts pour vivre une belle relation et dont leur seul vrai handicap est une incapacité à faire naitre une “étincelle” qui appartient à un passé révolu !
Tant qu’il n’y aura pas de prise de conscience et que les femmes continueront à ne se fier qu’à cette sensation subjective et anachronique pour présager de leur sentiments à venir envers quelqu’un qui a, au départ, à priori tout pour leur plaire, il n’y a aucune raison pour les choses changent. ca ne seront toujours que des déceptions ou des semi echecs.
L’amour n’arrive pas par hasard, mais il se construit. Cela semble une évidence mais ça ne semble pas l’être pour tout le monde. Cela fera l’objet d’un prochain billet.
Ce texte est protégé par le droit d'auteur (SACD), toute copie sans autorisation peut être passible de poursuite (et le sera ;-))




Commentaires
1. Le jeudi 29 novembre 2007 à 08:54, par lilu779
2. Le lundi 28 janvier 2008 à 16:54, par loulou
3. Le dimanche 4 mai 2008 à 19:15, par antlulu
4. Le mercredi 7 mai 2008 à 23:08, par Mimih
5. Le vendredi 16 mai 2008 à 22:05, par lilu779
6. Le lundi 30 juin 2008 à 23:38, par Kelliana
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